Sénat Question écrite n° 20228 Publiée au JO Sénat du 29 septembre 2011 Ministère de la Culture et de la Communication Situation de Radio Bonheur. Question de M. Gérard Le Cam -Sénateur –
M. Gérard Le Cam appelle l’attention de M. le ministre de la culture et de la communication à propos de l’appel à fréquence de la radio locale Radio Bonheur, des Côtes-d’Armor.
Après de multiples refus du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), force est de constater qu’au regard de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication et des critères de sélection en vigueur, il devient impossible pour cette radio locale de se développer dans l’Ouest face aux grands groupes tels que NRJ, Europe 1, RTL et leurs déclinaisons locales.
Spécialisée en direction des seniors et dans la chanson française, Radio Bonheur, SARL depuis 2004, connaît un réel succès là où elle a pu obtenir des fréquences en Côtes-d’Armor.
Pour devenir une radio régionale et se développer, elle postule régulièrement dans les appels à candidatures lancés par le CSA.
Alors que Radio Bonheur remplit davantage les critères de sélection que les radios sélectionnées par le CSA, la candidature de cette derrière est systématiquement refusée depuis 10 ans. Il est constant que les radios dont les autorisations arrivent à échéance après 15 années d’autorisation sont à nouveau sélectionnées, de façon systématique.
Aussi les responsables de Radio Bonheur craignent-ils un nouveau refus du CSA, du fait de la mainmise des géants de la radio.
Il lui demande quelles mesures il entend prendre afin de faire respecter la loi en vigueur et les règles normales de concurrence.
Cette interpellation est totalement légitime.
Et il est const(er)ant d’observer que les réseaux commerciaux rognent chaque jour, dans certaines régions, notre patrimoine de fréquences FM au détriment des radios associatives.
Aussi il est bon d’interpeller nos représentants à tous les niveaux à chaque fois que le CSA relègue des projets associatifs d’intérêt public, et les met dans l’incapacité à exister ou à émettre avec des puissances 20 fois inférieures à leurs homologues commerciales.
Au delà de ce principe, je présume que le cas échéant le C.S.A. a des arguments à faire valoir sur ses priorités locales, notamment sur son interrogation sur le fait qu’une radio associative souhaite devenir régionale et se développer avec plusieurs émetteurs.
L’autorisation donnée de 50 watts pourrait correspondre à un émetteur de relais et la radio mentionne pas la puissance de son émetteur principal.
La décision du CSA pourrait signifier le peu d’intérêt que représenterait cette radio pour le public local par rapport aux radios commerciales installées et auxquelles il renouvelle sa confiance.
Cette interpellation du Sénat aurait pu être aussi l’occasion de parler des radios A qu’il autorise à migrer en B (Roc FM à Lille) et des radios B qui poursuivent leur chemin descendant dans l’alphabet, sans satisfaire les demandes des radios A existantes qui souhaitent devenir autonomes (en partage de fréquence par exemple RCV/RPL à Lille) ou à êrmettre à de nouveaux projets associatifs de bénéficier des fréquences rendues disponibles (l’association "Les Cent Voix" est en attente d’autorisation sur Lens après sa première tentative d’obtenir la fréquence laissée vacante par une radio B, elle est à présent contrainte de candidater sur une demi-fréquence laissée par une radio A et en partage avec une autre radio A du même secteur qui souhaiterait en profiter pour être autonome).
Cela mériterait de poursuivre le débat en l’élargissant, en présentant un dossier étoffé et argumenté au CSA et aux sénateurs ou députés avant de les interpeler.
Cela pourrait être le rôle de la CNRA. Non ?
Qui s’y colle ?
cordialement
René Lavergne militant associatif de la FM française animateur de Radio Campus depuis 1969 www.campuslille.com
